Archives mensuelles : septembre 2018

Grandir

La rive et la vallée, la ville et puis les rails

Je suis toute vrillée par la perte du vert

Je vire, balayée par le vent de l’hiver,

Et volte dans des rues où le crépi s’écaille

La rive était jolie dans ses moindres détails

La vallée regorgeait de délices divers

La ville se flétrit sous l’oeil des lampadaires

Les rails sont enterrés sous la foule qui braille

Il n’est point de saison où ne pense à ma rive

Enclavée j’y rimais sans souci ni raison

Rêvant dans la vallée de bonheurs à foison

Désormais dans ma vie, dans ma ville j’arrive

Ma grande liberté à présent me captive

Et je fais de mes rêves une résurrection.

Mission 2 : Mais où sont donc encore partis les vers de terre ?

Ça serait un roman totalement fantasyste, où l’on suivrait Trapèze le lutin, une écureuille volante en plus d’être géante, un bébé chenille à moustaches, magicien, pas si bébé que ça, et une sacrée vache. Entre autres, parce qu’il y a aussi une redingote, des piafs, des champignonnets, et tout un tas de trucs colorés à qui il arrive tout un tas de trucs colorés aussi.

Il y a de l’action, de l’humour, de l’amitié, des dialogues, et des cumulonimbus.

Ça fait dans les 30 000 mots. Comme ç’a été écrit dans le cadre du Nanowrimo (= profitons de novembre où il fait moche et froid pour pousser le masochisme à mal manger, mal dormir, et écrire 50 000 mots dans le mois), on pourrait dire que c’est un échec.

Sauf que comme 30 000 mots c’est quand même beaucoup plus que rien, en fait non, on va pas dire ça.

Le hic : je ne suis plus tout à fait persuadée d’avoir écrit la fin.

Incipit :

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Elle nous suit, nous précède et sans fin nous salue

Doux soutien, douce mère elle avance avec nous quand on oublie nos pas

Jamais ne se défile et toujours se faufile entre deux cheminées

Lever les yeux au ciel parce que c’est incroyable

Lever les yeux au ciel parce que c’est si absurde

Et puis lever aussi les yeux pour la chercher

Pour, avec elle, apprendre à nouveau à marcher.

Jamais ne nous aveugle et toujours nous attire

Nous autres, naufragés aux rives de nos rêves

Nous voulons sa marée, ne plus être amarrés et rejoindre les flots

La lune est objectif et on marche dessus et on marche dessous

Et sens dessus-dessous

Nous jetons à l’envers

Nos yeux fascinés vers

La lune, seul endroit

Où tout est à l’endroit.

Mission 1 : le Royaume des timides

Ça serait un roman pour donner la parole à celles et ceux qui oublient un peu de la prendre.

Exploration à travers le quotidien de quatre trentenaires des béances entre la parole et la pensée, entre sa pensée et celle de l’autre, entre la parole et l’action, entre les actions et les souhaits…

Pour l’instant ça fait dans les 32 000 mots, ce qui est suffisant, de nombreux romans sont plus brefs.

Il me manque juste un très léger détail : l’histoire. Je ne sais pas où ni comment je l’ai fichue, elle m’a échappé, impossible de mettre la main dessus.

Extrait :

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La Théorie du panda de Pascal Garnier

Gabriel débarque dans une petite ville inconnue, et tape l’incruste dans la vie desdits inconnus en leur faisant la bouffe, comme ça, pof. Les gens en sont tout contents, ils ont l’air de le kiffer, leur Gabriel. Nous aussi, on aimerait bien.

Coup de cœur de gastronome pour cette écriture fine, drôle, sensible. Qui tranche avec précision la chair de la vie, la saisit, la retourne, la fait mijoter. On se régale à la table de Pascal et de Gabriel, on savoure, quels que soient les personnages-ingrédients. On se doute que ça risque de partir en queue de poisson, de sentir le roussi, tout ça. Pour une vague histoire de chatons et d’éther, notamment.

J’ai terminé ce bijou sur le sentiment d’une incohérence, sur une déception égoïste (« tout ça pour ça ? ») bêtement liée à mon souhait d’une autre fin. Mais un bon auteur est-il là pour caresser le panda dans le sens du poil ?