Archives mensuelles : octobre 2018

Mission 5 : comme dirait Jean-Jacques

Ça serait un court roman (ou une nouvelle), intégralement constitué(e) de paroles de Goldman. Agencées de façon à raconter un truc sympa, si possible, et à vous coller des centaines de mélodies dans la caboche en un temps record.

Ça frétillera comme du Queneau, se triturera comme du Pérec, ça fera comme un roman par procuration pour nous changer la vie et faire veiller tard.

Pour l’instant… ya rien. Enfin… tout est déjà écrit, éparpillé, façon puzzle.

 

 

Mission 4 : les vieux sont l’avenir de l’homme

Ça serait un roman, ou un recueil de textes, sur nos chères têtes grises. Ça causerait de leur place et du regard qu’on leur porte. Peut-être aussi de notre douloureux rapport au temps, cette vaste blague qui n’est jamais qu’une convention, un truc qui n’existe pas vraiment, mais bon, quand même, qui nous fait quelques effets.

Ça fait dans les trois fois rien, quelques morceaux de mots à tricoter pour en faire une écharpe chaude, quelques pelotes de laine à rassembler à droite à gauche.

Extrait :

Je voulais confectionner une tarte. Au chocolat, comme ça j’étais sûre qu’ils adoreraient, ils ne jurent que par ça. Ça faisait longtemps que je n’en avais pas fait. Quand je sors les ingrédients, je les  imagine me gronder, me dire que je vais en mettre partout, que je vais casser le saladier, qu’il est trop lourd pour moi. Ou plutôt, ils me le disent après, et ils ont raison, puisqu’ils rentrent dans la maison et qu’ils me voient par terre, alors que j’arrive pas à me relever, alors qu’il y a des morceaux de verre jusque dans mes pantoufles et de la farine jusque dans mes cheveux. M’en fous, la farine, ça ne se voit pas sur mes cheveux blancs, surtout au milieu des pellicules. Des pellicules, j’en ai tout le temps, il neige souvent sur mes frêles épaules, peut-être que je me fais du souci, peut-être que je commence à mourir du cuir chevelu, à me désagréger. Quand ils rentrent, après avoir sonné rapidement, et qu’ils me trouvent comme ça, ils parlent fort, ils s’affolent, j’entends pas bien mais je vois les ronds horrifiés de leurs bouches, comme s’ils voulaient me faire peur avec la leur, de peur. Hé bé oui je suis vieille, hé bé oui je suis tombée, ils sont censés le savoir que c’est un risque, ce n’est plus censé leur faire peur… Alors ils me demandent depuis combien de temps je suis comme ça, comme si c’était absolument crucial maintenant qu’ils sont là, qu’est-ce que j’en sais, moi, je ne me suis pas chronométrée ! S’ils croient que je vais faire bien attention à tomber pile en face de la pendule du salon ! Ah oui, si j’avais eu cette chance, j’aurai pu leur dire, bien droit dans les yeux, comme pour une question arithmétique du certificat, comme si j’annonçais les scores du loto : « ça fait dix-huit minutes ! » Mais comme je n’en peux plus de voir leurs bouches s’arrondir, leurs bouches qui me crient en silence qu’ils ne savent plus ce qu’il vont bien pouvoir faire de moi, je secoue la tête, je minimise, « je viens de tomber », que je dis.

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Les Sciences naturelles de Tatsu Nagata

Collection d’albums jeunesse hautement recommandable pour apprendre les animaux. (Oui on peut apprendre un animal, comme on peut apprendre un savon, la tangente, et le russe. On peut Toutapprendre comme dirait la plateforme du même nom concurrente de Maxicours.)

Il y a un dessin récurrent de professeur loufoque (le Japonais/pseudonyme du titre) qui n’est pas sans me rappeler le Professeur Moustache, qui dans le genre vulgarisation, se pose là, aussi.

Je ne connais pas toutes les déclinaisons (requin, ver de terre, poule, lapin, loup, araignée, etc.) mais voici le genre de phrases qui parsèment les grandes illustrations rigolotes :

« La girafe ne dort presque pas. 20 minutes par jour lui suffisent. Le reste du temps, elle mange. »

« La poule est un oiseau. Elle a deux ailes qui ne lui permettent de voler ni haut, ni longtemps. »

 

Mission 3 : Parente

Ça serait un roman sur la filiation et la parentalité comme il en existe certainement des palanquées. Comble d’originalité, ça tenterait de mettre en regard la construction d’un humain et la gestation d’un texte, ou l’inverse. Ce grand fourre-tout hautement existentiel permettrait de se balader dans les méandres de l’enfance et de sauter des émerveillements minuscules aux descriptions épiques. Je pourrais continuer à croquer des saynètes rigolardes du quotidien ou me complaire dans les tragédies les plus sombres mêlée de sueurs et de larmes… (comme par exemple l’exploration des effets de la fatigue sur la capacité à percevoir et le tragique, et le rigolard.)

On y croisera sans nul doute des enfants flippants qui disent qu’ils ont prendu des Turcs, et des passages richement documentés sur la procrastination.

Pour l’instant, ça fait 14 000 mots de matériau brut et synthétique, 7000 Écrire, 7000 Parente. Il manque l’histoire, les personnages, et la machine à filer le bon coton pour habiller tout ça.

Exemple d’extrait :

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