L’arbre qui cache la forêt, ou de l’art d’allumer pour des fruits défendus

Faire glisser la zoé dans le silence de l’aurore sur une départementale à flanc de colline.

Pénétrer au détour d’un virage dans une brume qui s’avère être une fumée dense, derrière laquelle de drôles de soleils sont déjà levés : on dirait des débuts d’incendie.

Pour apaiser ma conscience citoyenne, dans ce petit matin déserté par l’humain, petit coup de fil au pompier, qui m’explique que les agriculteurs brûlent des bottes de pailles, tout ce qu’ils trouvent, pour réchauffer les arbres fruitiers trop tôt fructifiant, pour éviter le massacre du gel dans les récoltes. En effet, plus loin, je croise un verger impeccablement jalonné de torches : on a pu investir ici, croiser les doigts, planter des cierges. 

Un -3 clignote sur le cadran devant moi. Spectacle lunaire. Devoir réchauffer l’air parce que l’air se réchauffe et fait trop tôt pousser et les fleurs et les fruits, devoir réchauffer l’air dans la fuite en avant, CO2 mon amour pour qu’on puisse toujours avoir de quoi bouffer.

Il a l’air bien fragile, le temps des cerises, à dénicher tapi sous le grand incendie.

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