Comme sur des bâtons de roulettes

Sans cesse ce besoin, chérubin cher humain, réinventer la roue, quand tu ne fais que la parer de milliards de nouveaux rayons, comme si dans cet enchevêtrement d’infinités mécaniques, mille chemins pouvaient t’aider à te rapprocher de celui que tu veux suivre, des rayons sur ta roue comme des cordes à ton arc.

Tu le sens bien pourtant, intuitivement, que tu es dans la roue bien plus que tu ne la pousses, et qu’il faut que t’en sortes, car tu es le hamster bien plus que l’ingénieuse, tu tournes et fais tourner des idées dans ta tête, des rêves dans ta roue mais t’as du mal à t’en décrocher les pattes, c’est elle qui t’entraine vers des lieux décidés par de nouveaux traders, ceux de la dopamine, les vendeurs de tapis sur lesquels tu souris, ceux qui jonglent et fluctuent, marché de l’attention, marché de tes humeurs, et te mettent dans leurs poches toute gonflées d’un vent de la plus pire espèce, qui te sonne et trébuche.

Tu tournes et puis tu poses, tant tout ça t’indispose, tu te poses souvent, tu poses photographiée dans la torpeur du monde, flashée sur les autoroutes du net, lapine prise entre les phares, hase séchée par ce soleil brûlant agressif par hasard au détour d’un virage, tu voudrais bien te jeter sur le bas côté mais tes décisions semblent ne plus t’appartenir, tout est dans ce semble, ça t’arrange bien, au fond, d’avoir cette impression de ne pas décider, de ne pas suivre tes décisions, en te disant tout est écrit et c’est déjà le crépuscule.

Tu le sais bien pourtant, qu’il n’est jamais trop tard, sauf quand on est déjà tout claqué tout mourru, et que le choix des mots fait la réalité : ce crépuscule-là, tu peux l’appeler Aube, toi qui ne crois en rien ça te fera du bien de virer communiante pour goûter la beauté de ce jour qui se lève, de ce premier rayon que darde la roue libre. Et puisque l’espoir meurt, vois l’action qui commence, ou bien qui continue, vois depuis ton bitume d’autres petits mammifères apeurés faire un bond de côté pour éviter les phares, le rouleau compresseur, et tester d’autres roues, d’autres voies d’autres croix : leur seraient-elle donc moins lourdes à porter ?

À votre avis, quels sont les moyens dont dispose le hamster pour sortir de sa roue ?

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