Et la magie de la soup opéra ?

En terme de performance artistique, force est de constater que le happening du jet de tomate sur les Tournesols de van Gogh n’a pas laissé tout le monde indifférent, ce qui est quand même un peu le principe de l’art.

En terme de symbolique, cette canette balancée sur ces jolis oléagineux résonne comme une critique warholienne de la surconsommation dans un gaspillage alimentaire lui-même en exercice. Ce rouge de colère, ou ce rouge de honte, vient recouvrir le jaune de la joie et met d’autant plus en valeur le potentiel Flower power parfaitement représenté par une plante que je trouve vachement tendance : si le Professeur de Tintin, au son de Lavoine, s’est amusé cet été à « courir dans les tournesols, marcher dans les champs de blé », c’est en slalomant entre les bidons d’huile rationnés et les 11000 morts moissonnés en France par les canicules.

En terme de transmission, on connait les milliards investis dans la publicité automobile pour maintenir sous perf l’auréole du hype autour d’une industrie par ailleurs polluante, accidentogène, bruyante, chère, et pour la majeure partie non pérenne. Avec un budget autrement plus limité pour contrer ces publicités, aussi prolixes sur écran que dans les magazines, il était coton de faire plus percutant que ces deux t-shirts tagués JUST STOP OIL, message autrement plus synthétique que les threads twitter par ailleurs brillants des scientifiques qui en arrivent à une conclusion pourtant sensiblement similaire : « Chaque tonne compte ».

Et justement, en terme de synthèse des thématiques, l’happening se pose là : biodiversité, énergies fossiles, alimentation, réflexion sur la valeur (d’un tableau, de ce qu’il représente, et pour qui), sur la beauté du monde, la révolte, il y aurait matière à disserter longtemps sur la récupération possible de l’évènement en café philo. Sur l’oil, comme sur la loi.

Pour autant, à lire la position de certains, assez bien illustrée d’ailleurs par les commentaires sous les articles de journaux en ligne, ce serait contreproductif dans la lutte contre le réchauffement climatique, car outrancièrement clivant, et que cliver, c’est comme claver, c’est fermer à clé chaque pièce de notre belle et grande maison qui brûle et qu’on regarde ailleurs genre sur des pipas à la tomate.

Je n’arrive pourtant pas tout à fait à enlever le conditionnel

Quel en sera réellement l’impact, au Royaume-Uni, dans le cadre très précis du mouvement Just stop oil ? Et quel aurait-il été, s’il avait été réalisé par le même François Gemenne*, ou, que sais-je, un commissaire de police, Evelyne Dhéliat, Squeezie, Laurence Tubiana, ou Kyllian M’Bappé ?

Non pas que je le souhaite, hein… Juste, je m’interroge. C’est quand même un peu ça, non, le principe de l’art ?

*edit : François Gemenne qui a la bonne idée de parvenir à informer le public dit de droite, lecteurs du Point ou du Figaro, ce qui de la part d’un ancien conseiller de Hamon est une prouesse et un dévouement à la survie de l’espèce qui gagne à être salué.

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