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L’a dit gaga

Il a des yeux comme des billes
Et un petit menton tout rond
Des lèvres en cœur rose vanille
Et un caca jaune bonbon.
Il met le quotidien en vrille
Les couleurs à califourchon,
C'est un garçon, c'est une fille,
C'est une fille ou un garçon
C'est un détail, une vétille :
C'est avant tout un champignon,
Une souris, une brindille,
Un petit chat, un polisson,
Une merveille, une chenille,
Un adorable papillon,
Qui s'agite et qui se tortille,
Qui bat des ailes et du croupion.
Il s'entoure de pacotilles
Issues de tout plein de maisons.
On le câline et on l'habille,
On le prend quand il est ronchon,
Les bras de toute la famille
Deviennent berceaux et cocons
Tout le reste devient broutille
Face aux sourires du fiston.
Un poème qui doit dater du mitan des années 2010 ! Il tombe un peu à plat sur la fin, mais je pense que je devais saturer de passer de Castille en Aragon...

Batterie de plein air

Il avait le mollet fier, le front dégarni
Bien qu'ayant la vue brouillée, la trouva coquette
En dansant de ses orteils fit une omelette
Elle se vengea d'un soufflet et de mots fleuris

"Hé vas-y tronche de cake, je suis pas ta poule
Va te faire cuire un steak sous les mimosas
On n'écrase pas mes pieds sans m'casser les noix
Pour monter la mayonnaise, j'ai connu plus cool."

La quiche était repartie, regard d'incendie,
Il en garda l’œil poché et l'air mal à l'aise
Il aurait fallu marcher comme sur des braises
S'aplatir comme une crêpe, alors il se dit :

Si je ne veux pas à Pâques être en ma coquille
Bonne pâte que je suis, ma foi d'animal,
Je dois devenir un dur, un vrai à cheval
Et ne pas rester tout blanc en face des filles

Je leur tiendrai tête d’œuf, langue bien pondue
on verra d'elles ou de moi, qui succombera ?
Pour peu qu'elles goûtent à mon soufflé chocolat
Elles en feront tout un flan de mes flancs dodus !
Poème avicole daté de janvier 2016,
à consommer de préférence avant la faim.

Délit de face, yes !

Si c'était à refaire, je ferais Le pingouin
En costard et mimant Les Dalton à la noce
Disant Le temps qu'il fait, glosant sur les carrosses,
Le nombre de chevaux de la Rolls à machin


Dans L'empire des loups, je suivrais Le Parfum
Je me vautrerais dans Le plus beau des mensonges
Les Saveurs assassines au bout de notre longe
Quand Les rois sans visage au fond ne font plus qu'un


Mais j'ai toujours aimé Le trombone du diable
Et de la liberté entendre Les canons
Je me suis donc sapé, La vache, comme un con
On me l'a reproché, ah ça, Les misérables !


Ils auraient tous voulu soit Le lapin de Pâques,
Soit Le Cavalier blanc, le Premier de la classe,
Hé bien, ils m'ont eu Moi! Et alors, qu 'ils s'y fassent,
Les goûts et Les couleurs me rendent tout patraque


J'ai toujours préféré choisir Le Clan de l'ours
des cavernes, un Voyage au centre de la terre
Et balancerais bien, après Le premier verre
Un peu Mon gros dico quelque part dans leurs bourses


Parce que dans Le jardin potager, tout à l'heure
Ils l'ont tous décrété : je suis un Mauvais frère
Qui a L'Instinct du mal et Mauvaises manières :
J'avais pas de cravate au mariage à ma sœur.
Celui-là, c'était en 2016, un concours organisé par la bib de Mésanger dans le 44. Texte arrivé 1er / 12, il faut dire que la contrainte était de caler dedans un certain nombre (je ne me souviens plus de combien) de titres d'ouvrages désherbés (c'est-à-dire retirés des collections) à piocher à son gré dans la longue liste proposée sur une page en annexe.
Alors forcément, ça donne un truc qui relève plus de l'exercice de style que du petit ruisseau limpide de la poésie sur son lit de mousse fleuri.
Le titre est d'aujourd'hui, mais surtout des Wriggles. 

Les pétillantes prunelles de Prune

De ses yeux menthe à l'eau à ton cœur grenadine
Il n'y a qu'un seul trait quelque peu lie de vin
Toute enivrée de lui, toute grisée soudain
Tu vires vert bouteille à te sentir encline


À devenir tomate et jusqu'à aubergine
Ou bien rouge écrevisse ou bien rose bonbon
Devant son air mignon, son maintien polisson
Et puis son teint de pêche, et sa voix cristalline...


Comme il est à croquer, fais-toi donc sa gourmande
Pour ses lèvres groseille et ses yeux en amande
Car des coquilles d’œuf il faut les blancs casser


Afin que pour parfaire une belle omelette
Prune, pistache, orange, et framboise, et noisette
Tout ce bel arc-en-ciel finisse en bleu dragée.
(Texte arrivé 3ème sur "une dizaine" (en langage organisateur ça doit vouloir dire 8 ou 9) au concours organisé par la médiathèque de Fresnes-sur-Marne en 2014. 10 € en chèque cadeau, mazal tov. Mais bon, le thème étant "Couleurs", on peut considérer que j'ai tout donné, là. Jusqu'à l'indigestion cucul, certes, mais dans le thème à fond les ballons !)