Archives pour la catégorie Lundi, Lune : le coin des poètes

Grandir

La rive et la vallée, la ville et puis les rails

Je suis toute vrillée par la perte du vert

Je vire, balayée par le vent de l’hiver,

Et volte dans des rues où le crépi s’écaille

La rive était jolie dans ses moindres détails

La vallée regorgeait de délices divers

La ville se flétrit sous l’oeil des lampadaires

Les rails sont enterrés sous la foule qui braille

Il n’est point de saison où ne pense à ma rive

Enclavée j’y rimais sans souci ni raison

Rêvant dans la vallée de bonheurs à foison

Désormais dans ma vie, dans ma ville j’arrive

Ma grande liberté à présent me captive

Et je fais de mes rêves une résurrection.

Elle nous suit, nous précède et sans fin nous salue

Doux soutien, douce mère elle avance avec nous quand on oublie nos pas

Jamais ne se défile et toujours se faufile entre deux cheminées

Lever les yeux au ciel parce que c’est incroyable

Lever les yeux au ciel parce que c’est si absurde

Et puis lever aussi les yeux pour la chercher

Pour, avec elle, apprendre à nouveau à marcher.

Jamais ne nous aveugle et toujours nous attire

Nous autres, naufragés aux rives de nos rêves

Nous voulons sa marée, ne plus être amarrés et rejoindre les flots

La lune est objectif et on marche dessus et on marche dessous

Et sens dessus-dessous

Nous jetons à l’envers

Nos yeux fascinés vers

La lune, seul endroit

Où tout est à l’endroit.