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Marketblaze (3) Envoyez l’addition

Parfois, la société de consommation rentre chez nous même si on n’a rien fait pour, c’est comme ça, nous sommes des animaux sociaux et partageurs.

Je parlerai donc des livres ardoises, qui permettent aux bambinos et bambinettes d’utiliser des feutres effaçables pour s’entrainer à tracer correctement les formes et puis les lettres, puisqu’il devient vite de notoriété publique pour la gent parentale que quand bambinette dessine des petites vagues, c’est pour mieux faire les O, et que quand bambino dessine des barreaux de fenêtres, c’est pour mieux faire les E.

Or ces feutres soi-disant effaçables ne le restent que tant qu’on n’oublie pas le machin trop longtemps dans un coin. Auquel cas il faut aller chercher un fond de dissolvant. Dans une fiole vaguement paumée parmi des restes de vernis épaissis, de ceux qu’on n’utilise plus guère que pour prévenir les filatures des derniers collants survivants, quand ces derniers ont été taquinés par un scratch et que l’accroc risque de s’étirer comme un aligot à la moindre génuflexion, à la différence près que ce qui signe la réussite de l’aligot signe ici la mort du collant.

Or qui dissolvant, dit solvant.

Vendre des « livres ardoises » pour l’apprentissage, ça fait un peu comme si on modernisait une bonne vieille recette, à l’efficacité pédagogique bourinée à coup de nostalgie rassurante de type ça a fait ses preuves.

Mais pour cela, on va donc écrire avec des colorants solvés sur des cartons plastifiés, parce que zut, on n’est plus à l’âge de la bougie de la craie, quand même, les feutres, c’est pas sale, il n’y a qu’à voir l’état des doigts de bambino après utilisation.

Or, quand on utilise une craie pour écrire sur de la véritable ardoise, on peut tout aussi bien rebalancer tout ça exactement d’où ça vient, on risque pas de se toper 68 € d’amende pour déchet sur voie publique, tout simplement parce qu’on verrait pas vraiment la différence entre avant et après.

Mais on a trouvé que c’était beaucoup plus cool de payer l’extraction, la transformation, la production, le marketing, l’acheminement et la commercialisation de ces jolis objets aussi coloriés que plastifiés, et de repayer derrière des impôts pour la gestion du déchet que ça a, en somme, toujours été, puisqu’on ne peut pas le jeter tel quel dans son jardin.

A croire qu’on aime ça, laisser des ardoises.

Si on considère que la bonne vieille pierre de toiture reconvertie en assiette hype pour quand on allait au resto, ça nous donne de l’urticaire et qu’on n’a pas bien envie de se rappeler que tout n’est que poussière, il existe une alternative révolutionnaire : ça a pour joli petit nom… Papier-crayon. Du bois, du graphite, et pareil, si vous balancez ça dans votre jardin, a priori ça devrait pas rester trente ans ni intoxiquer vos salades.

PS : Petit lexique des matériaux, n’hésitez pas à m’aider en commentaires :

Encre des feutres effaçable pour gamins : colorant X ? + solvant Y ?

Matière plastique du livre ardoise : polymère Z ?

Dissolvant : acétone -> cétone -> aldéhyde -> alcool à partir de ?

Collant : polyamide = réaction polyamine + polyacide = c’est comme les polymères des encres et des livres plastifiés, c’est chaud patate de deviner les matériaux originels quand on a Wikipédia + Le Petit Robert + un bac -2 en chimie.

Vernis : un brin de nitrocellulose (l’explosif dont on a 5000 tonnes à Toulouse), plastifiant(s), solvants, pigments, etc.