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Le monde est petit, qu’on a dit

Il a fallu atteindre un certain nombre de piges pour que je percute un truc pourtant assez central : les représentations cartographiées du monde que j’ai sous les yeux depuis gamine ont beau avoir une échelle, ce ne sont jamais que des projections privées, ce qui constitue d’ailleurs une super transition avec le post précédent.

Je me suis donc découverte, au lieu d’aller dormir, en train de mesurer les millimètres qui séparent les extrémités de la Grande-Bretagne (955 km, 15 mm) et de Madagascar (1600 km… 15 mm) sur un grand agenda qui avait le malheur de trainer par là et qui a trouvé en cela une utilité qu’il ne soupçonnait plus.

J’ai ensuite bien lu partout que notre inévitable carte du 16ème de Geert Mercator était quand même super pratique pour la navigation – si quelqu’un.e a le courage de s’attaquer à la page planisphère ébauchée sur Wikipédia…-, même si dans notre monde satellisé j’ai de forts doutes sur la pertinence de son utilisation par les Vendée Globe trotteurs de tout pavillon.

Je découvre donc (comme Colomb a « découvert » les Amériques, lol) que nous vivons encore au milieu de représentations du 16ème siècle alors qu’on a fait un poil mieux depuis.

Apprendre le monde avec la projection de Fuller, par exemple, ça serait quand même, en plus de moins le déformer, le monde, autrement plus rigolo !

Tout comme le parcours de ce Fuller, qui a d’ailleurs été le premier en 1940 à utiliser la notion d’esclave énergétique que j’ai découverte récemment via JMJ, ce qui justifie mon sentiment que le monde est petit.

Il était déjà bien conscient déjà des limites de notre ballon rond dans lequel on (se) shoote à tout va, ce Fuller.

Et à propos de ballon rond mais pas que, puisque c’est la projection de Peters en couverture intérieure de son bouquin qui est à l’origine de ces réflexions du soir : merci Lilian Thuram !

(Et parce que c’est beau : « Je vis sur la Terre à l’heure actuelle, et je ne sais pas ce que je suis, je sais que je ne suis pas une catégorie, je ne suis pas une chose, un nom… Il me semble être un verbe, un processus évolutif ; une fonction intégrale de l’univers. » Richard Buckminster Fuller)