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Puisse-t-on se faire encore longtemps radio-crocheter les tympans

Pour fêter les 100 ans de la radio, sur Radio FMR 89.1, j’ai découvert ce duo (un Bruno Viougeas slameur et un… Sébastien Tillous qui a le même nom et le même patelin d’origine qu’un ancien demi de mêlée ?)

Moi quand on me colle sous les arbres pour m’envoûter à base d’espoir féroce, je signe.

Foin des allergies, vive le bouleau, à vos manches, prêts, planchez !

Quinquastellaire

L’accordéon de Tiersen est quand même un engin formidable, une espère de virevoltant qui enfile comme des perles, les uns sur les autres, les tressautements redondants de nos pauvres palpitants, et ses instruments jouets, aériens et légers, cristallins cristallisent nos petites anxiétés, par les petits bonds fiévreux des notes comme des mailloches, leurs envolées rapides, comme mille petits bâtons sur le chemin caillouteux de la vie, avec une jambe qui dérape parfois, une rotule qui glisse un peu en contrebas au hasard d’un galet, et par dessous la chaussure qui récupère, qui plante du pied qui assure le contrecoup, qui stabilise, comme la lame de métal vient rassurer le son par sa présence même, imperturbable, au même endroit, au bon endroit, comme une assise assortie d’une boussole, comme un fauteuil autour des bras duquel volèterait un pinson sans jamais savoir où réellement se poser, où réellement se faire embrasser, et dans cette chanson dont je ne me souviens plus du titre car ça aurait tout aussi bien pu être une autre, ce sont les violons qui s’emballent, qui redondent, qui se chassent les uns les autres, et après ça, que faire, en garder la matière dans un coin de l’oreille, se mettre à l’abri des Murail, y rejoindre Sauveur et fils, quelques pages, quelques cacahuètes, et advienne que lira.

L’archet de Noah

Chi va piano va sano, mais c’est prestissimo,

Les cornes dans les brumes,

Qu’on ne sait par quel bout attraper le taureau,

Le marteau sur l’enclume ;

Quand l’avenir nous gratte, pisser dans un violon

Pour chercher l’harmonie

Parmi les requiem et la pire oraison

Sous les cuivres puissants de nos lobbytomies

Et pourtant nous pouvons, de partitions nouvelles,

Traire les mélodrames, braire des mélodies,

Balancer le pipeau par delà les buissons

Crever l’abcès de nos dissonances plurielles

Régénérer partout les instruments de vie

Et viser le pouvoir de réorchestration.

(La bande son : « Love of an orchestra », The First Days of Spring, Noah and the Whale, 2009)

Un peu de beurre sur la galette du CastelSarrasin

Quand on écoute « Les Somnambules » d’Enfantillages 3 d’Aldebert – qu’on a découvert inconnu à l’époque de Sur place ou à emporter (formule de saison…) et qui est devenu chroniqueur sur France Inter -, on se rappelle Olivia Ruiz, aussi présente dans la rentrée littéraire, d’ailleurs.

Et à force de glissades sur la plateforme musicale initialement sans vidéo, on découvre cette reprise de Pierre Perret, par Olivia Ruiz, Mouss et Hakim et Lo Barrut.

Je ne suis pas de Castelsarrasin, d’ailleurs je n’ai pas l’intention de saluer les imbéciles heureux qui sont nés quelque part, mais j’aime ce mélange de patois et d’Origines contrôlées qui tarde à démarrer mais s’envole quand même, surtout quand on le souvenir plombé d’une ville qui a voté à 48% pour le FN aux dernières présidentielles.

Je me rappelle aussi, en cette période de pré-post-Goncourt, de garder sur la pile à lire Ma part de Gaulois, qui figurait sur la liste de 2016, et La Part du Sarrasin (rentrée littéraire 2020), de Magyd Cherfi, acolyte de Mouss et Hakim dans Zebda (= beurre en arabe) et qui intervient également sur l’album hommage à Perret.

Pourquoi Ma Part, pourquoi La Part ? Et pourquoi la parole part ? Je suis pour que les langues vivent, évoluent et meurent avec celleux qui les parlent, pour l’orthographe de 1990 et pour la féminisation des noms, pour Le Petit Robert (un joli titre de Zebda par ailleurs) de l’usage bien plus que pour le Dictionnaire de l’Académie française de l’otage.

Mais ça ne m’empêche pas d’apprécier à sa juste valeur le cœur qu’ont mis tous ces gens à apprendre bien mieux que moi la langue de mon père.