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Oh ! Hé ! Hein ! Bon !

Ce vendredi 11 décembre, comme de temps en temps, j’ai écouté la fin des Matins en allant au turbin.

Mais j’ai senti des chroniqueurs qui avaient gardé quelques traces de l’oreiller à une heure de grande écoute, quand même.

D’un côté, Hervé Gardette, posé pourtant en chantre quotidien de la transition écologique, qui nous ressort le couplet des 3-4 degrés en 2100, avec cette phrase formidable de cécité sur les dérèglements en cours :  » Vous qui nous écoutez ce matin, vous ne serez pas très nombreux à être en mesure de vérifier, en 2100, si les prévisions de 2020 étaient un peu trop ou pas assez alarmistes. » Le fils du couple emporté par la crue de la Vésubie dans les Alpes-Maritimes (pour ne pas parler des millions de réfugiés climatiques…) devrait apprécier.

Si l’on ne veut pas s’arrêter sur des cas particuliers, il suffit pourtant de regarder le site de Météo France, qu’on peut difficilement taxer d’être un repère de rebelles-anarco-catastrophistes, pour arrêter une bonne fois pour toutes de parler au futur.

Et on n’est pas obligé d’avoir lu Dormez tranquilles jusqu’en 2100 et autres malentendus sur le climat et l’énergie (qui a grosso modo le même âge que la Cop 21) pour en avoir au moins vu passer le titre quand on s’occupe de ces questions.

Tandis que je constatais donc avec une pincée d’effroi qu’Hervé Gardette ne s’était toujours pas réveillé, de l’autre côté, sur un autre plan, nous avions une Géraldine Mosna-Savoye qui regrettait presque de dormir, se disant que « si on n’a plus aucun intérêt ni plaisir à rester éveillé, alors la nuit n’existe plus du tout, ou seulement parce qu’elle disparaît, parce qu’on n’en fait rien, parce qu’on n’y fait que dormir.« 

Apparemment la philosophe, au romantisme certes légitime sur les attraits de la vie nocturne, a oublié que la diminution continue de nos heures de sommeil est un vrai problème de santé publique et que dormir la nuit n’est pas franchement synonyme de « rien » ou autre oisiveté facultative pour les primates que nous sommes.

Mais bon je n’ai pas de leçon à donner : si moi-même je me couchais plus tôt, je me lèverais plus tôt, peut-être même que je prendrais le vélo et pas la Zozo, et je devrais alors troquer la voix rassurante d’Erner contre les bienfaits du plein air, pour profiter des dégradés dans les belles couleurs de l’aube.